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C l u b - G a m e s . c o m >>> DreamLast |
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...La
fin du rêve...
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PROLOGUE
Il
y a un peu plus de trois ans maintenant sortait au Japon
l'une des machines les plus controversées du jeu vidéo.
Du projet Dural au projet Katana, c'est sous le nom Dreamcast
que Sega offrait aux hardcore gamers nippons la première
console 128-Bits au monde. Petite merveille technologique,
celle-ci se devait d'être la révolution dans le domaine
: la puissance de calcul augmentée, l'anti-aliasing, le
mode Internet avec l'option de jeux en réseau, la conversion
aisée de tout titre PC, l'option 50/60Hz, le vms, j'en
passe et des meilleurs. Attendu de tous bords, Sega jouait
ici sa dernière carte. Apres la claque que s'était pris
la Saturn, le constructeur devait se remettre en selle
pour convaincre et reconquérir les fans comme les amateurs
séduis, jusqu'alors, par la PlayStation.
Malheureusement
malgré un prix tout à fait abordable (11000FB - 272.00
€) la machine connut un début difficile, comme toutes
les nouvelles générations, mais pour la Dream le droit
à l'erreur n'était plus permis. Les titres, bien que plaisants,
sortent au compte-gouttes et ceux qui méritaient vraiment
le support 128-Bits tardent à arriver. Avec Sega Rally
2, Virtua fighter 3tb et Sonic Adventure, Sega ne parvient
pas à accrocher le joueur qui, de plus en plus actif,
s'attend à beaucoup plus d'innovation dans un nouveau
support.
Le
problème, c'est que la firme du hérisson bleu a toujours
manqué de titres sur ses machines. Ainsi comme la Saturn,
la Dream a beaucoup souffert de la comparaison (encore
maintenant). La quantité de jeux faisant désormais partie
des critères de sélections au détriment de la qualité.
C'est ce qui à fait, en partie, le succès de la console
de Sony. Bons ou moins bons, les titres pleuvaient chaque
mois dans nos boutiques.
Mais
ce n'est pas tout. Afin de calmer les ardeurs, Sony annonça
quelques semaines après la sortie de la Dream, l'élaboration
d'une nouvelle machine aux capacités inouïes, un monstre
de technologie, un support à part entière : la PlayStation
2. Oui je sais, le nom n'est pas très recherché mais apparemment
cela à suffit pour vous convaincre. Conférences, communiqués
de presse, premières démos, le message est lancé: "N'achetez
pas la Dreamcast, on vous prépare bien mieux." Dès lors
la machine de Sega n'a plus été vue comme l'évolution
mais plutôt comme l'outsider prêt à se faire bouffer dans
l'arène, en bref: Une Saturn 2.
Devant l'Emotion Engine et le matraquage publicitaire
autour de la PS2, Sega sait qu'il lui reste peu de temps
pour s'imposer. Alors commencent les hostilités : Ouverture
des réseaux Internet à l'échelle mondiale, sortie de Sega
GT et de Shenmue en réponse à GT3 et Metal Gear 2. Des
rumeurs circulent sur un disque dur DC ainsi qu'un lecteur
DVD externe, un moden Adsl est annoncé aux Etats-unis
là où la Dream cartonne le plus, sponsoring d'équipes
de football européennes, multiplication des titres en
développements et surtout quelques innovations ludiques
comme Jet Set Radio ou encore Phantasy Star Online élu,
il y a peu, meilleur jeu réseau tous supports confondus.
D'accord Sega met les bouchées doubles, mais à coté de
cela les titres sortent toujours au compte-gouttes et
dans l'indifférence générale, tout du moins en Belgique.
Car si la DC "cartonne" partout ailleurs, que ce soit
en France comme outre-Atlantique (sauf au Japon où la
console marche assez moyennement, mais quand on sait que
c'est encore un jeu GameBoy qui est en tête des ventes
la-bas, je ne me pose plus de questions) ce n'est pas
le cas chez nous où Sega n'est absolument pas ou peu représenté.
Il est assez difficile de se procurer des jeux DC dans
la plupart des magasins classiques: manque de stock, aucune
information et presque un total désintéressement de la
console par le distributeur. Résultat : aucune campagne,
ni de spots TV, ni autres communications commerciales,
le mode réseau qui traîne les pieds dans le Bénélux et
quand on parle de Jet Set Radio à un représentant du distributeur
il nous répond: "Jet-quoi ??" Bref un fiasco total…
Sans
compter que Sega lui-même s'emmêle les pinceaux : Sega
GT s'avère décevant, Shenmue et Grandia 2 ne seront même
pas traduit en français. Mais surtout l'effet PS2 avait
agit comme une bombe chez les joueurs, et chacun d'entre
eux ne virent qu'un seul mot à la bouche : PlayStation
2! Du coup, tous les titres DC ne furent plus vus en qualité
et en innovation mais plutôt comme comparaison.
Tout ce qui sortait sur Dream serait 10 fois mieux sur
Play2, Sony avait réussi son coup, la console était déjà
vendue avant même d'avoir été conçue. La partie semblait
jouée, la PS2 exploserait tout sur son passage, écrasant
la concurrence et même quelques clients lors de sa sortie.
Chez les Sega-maniacs ressortait une mentalité résistante
qui n'est pas sans rappeler l'époque de la fin de la Saturn.
On assure que la Dreamcast remportera la victoire face
à la PS2, et on annonce des titres improbables comme Burning
Rangers2, Nights 2, et surtout des prévisions stupides
sur le fameux deuxième titre de Namco, après le superbe
Soul Calibur, qui s'avéra être le ridicule Mr Driller…
Quelle blague !!
Et là, coup de théâtre: La PlayStation2 sort et c'est
la déception générale. Un pitoyable Ridge RacerV, Tekken
Tag minable comparé à Dead or Alive2 et Fantavision …
une simulation de feux d'artifices. Ca, ce ne sont que
pour les jeux, pour la machine : 4 megas de Ram en affichage,
l'aliasing bien présent, des problèmes de plantage et
de memory cards, le lecteur DVD qui n'accepte pas la sortie
RVB, la puce gérant l'Emotion Engine plus petite que prévue
et une difficulté de programmation trop élevée qui fait
râler Capcom et Konami. Bref ça s'annonce mal, sans compter
qu'après le tohu-bohu engendré par la sortie de la console
et les diverses déclarations plus que confiantes de Sony,
on s'attendait à voir beaucoup plus de différences par
rapport à la Dreamcast. En définitive, à défaut d'avoir
tout bouffé, la PS2 n'a eu le mérite que de mettre les
joueurs à niveau. La console étant enfin sortie, la comparaison
est plus aisée, et le public, bien rentré désormais dans
le concept 128-Bits, commence à s'intéresser un peu plus
à la DC.
Mais
voilà, un beau matin de mars 2001, sur le site officiel
de Sega, on annonce l'arrêt de production de la console
Dreamcast.
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Image
originale ZeMial 01 pour Club Games Asbl, utilisation interdite
sans notre autorisation. Merci.
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En
effet, après avoir analysé et étudié les chiffres (un
langage universel) le fabriquant décide de stopper ses
activités en tant que créateur de Hardware pour se consacrer
à l'arcade, où il a su rester dominant, et à l'édition
de ses titres sur d'autres supports à savoir : la Game
Boy Advance, PSone, PS2, X-box et la GameCube, le prochain
monstre de Nintendo. Mais les possesseurs de DC ne sont
pas en reste puisque Sega annonce plus d'une centaine
de jeux avant la fin de la console prévue début 2002.
Cela n'a pas empêché les fans de Sonic de crier au scandale
et de multiplier les pétitions.
Au
printemps 2001, le monde vidéo-ludique baigne dans un
chaos total et on a l'impression que tout tourne à l'envers.
La Play2 s'est bien vendue certes, mais ne décolle pas.
Peu de titres disponibles et c'est loin d'être exceptionnel:
jeux bâclés, trop courts, trop laids, voire carrément
moins bons que leurs versions DC (Rayman2, MDK2, Couac
attack, Dead or Alive2, …) un comble !!
De
son coté, Sega lance sa dernière offensive: La Dream descend
à 6000FB (149.00€) et certains jeux tombent sous la barre
des 600FB (14.90€). Le résultat : un carton! Deux millions
de DC étaient à écouler au moment de l'annonce de Sega
sur son changement de politique, trois mois plus tard
1 million de machine s'étaient déjà vendues et ça continue.
On croirait presque à un coup monté. Oui mais voilà, un
autre concurrent de taille entre en scène. La X-box, la
première console Microsoft, pointe lentement le bout de
son nez (y aurait-il un rapport entre l'arrivée de la
machine et l'arrêt de la DC sachant que Bill Gates disposait
de parts assez importantes après avoir sauvé Sega de la
faillite…) Quoiqu'il en soit la PS2 à du souci à se faire,
car aussi bien le contenu de la Play2 était resté secret
jusqu'à sa sortie, aussi bien Microsoft joue sur la clarté
et a dévoilé ses entrailles dès le début. Avec les capacités
dont elle dispose, elle aurait tort de se priver. Désormais
c'est LA console la plus attendue, dotée déjà d'une palette
d'éditeurs impressionnante, les premières démos ne le
sont pas moins. La X-box risque très fort d'être la surprise
de ce terrible combat entre les géants du jeu-vidéo.
Pour la Dreamcast, c'est la déchéance totale. Sega élabore
de nouveaux titres pour d'autres supports, mais aussi
réédite ses hits DC sur PS2, (on parle aussi d'un Panzer
Dragoon sur PSone… pourquoi pas !) les autres éditeurs
se désistent peu à peu et chaque mois la liste des titres
annulés sur Dream ne fait qu'augmenter à défaut d'être
repoussé. Actuellement moins de 50 jeux ferait leur apparition
sur la dernière console de Sonic.
Il
nous reste encore un an avant la fin définitive de la
Dreamcast et que pouvons-nous espérer? Aucune idée, Sega
ne reviendra plus jamais sur sa décision. Seul espoir,
la libre utilisation du chipSet DC ce qui pourrait nous
donner des cas comme Kyskrew, un RPG français qui sortira
fin 2001, développé par une bande de jeunes passionnés
regroupés sous le logo Dragonydre, et qui sera, par Internet,
exclusivement DC et gratuit. C'est peut-être ça l'avenir
du jeu vidéo…
EPILOGUE
Personnellement,
je n'ai jamais été un Sega-Maniac, je n'ai jamais eu de
Master System ou de Megadrive. A cette époque j'étais
un fou de la Snes, mais si j'ai disposé d'une Saturn et
d'une Dreamcast c'est que j'ai jugé qu'elles étaient réellement
de bonnes machines et j'y ai passé de nombreux et agréables
moments. C'est pourquoi la décision de Sega m'embête moins
que l'arrêt de la DC.
Car
même si je peux comprendre une telle décision, il y a
une chose que je ne saurai jamais accepter c'est le désintéressement
de Sega envers les derniers possesseurs de la machine,
ceux qui, une fois de plus, on cru à cette aventure. Comme
je l'explique plus haut, une centaine de titres devaient
conduire la DC jusqu'à sa fin, ce qui nous laissait présager
encore de longues heures de jeu sur cette console mais
il ne se passe pas un mois sans que des jeux soient supprimés
des plannings.
Alors
Ok Sega se lance dans autre chose, mais je trouve qu'un
minimum de respect envers les consommateurs est nécessaire.
Pourquoi l'éditeur laisse les différentes boites supprimer
leurs jeux un à un ? Pourquoi Sega ne les oblige pas à
terminer leurs projets afin de respecter leur engagement
lors de l'annonce ? On comprend mieux quand on sait que
Sega opère de la même façon car même si Virtua Fighter
4 n'aurait pu être adapté sur DC, Jet Set Radio 2, Head
Hunter et Gun Valkyrie, tous signés Sega et annulés récemment,
étaient bien prévus eux !
Je
ne voulais pas finir sur une note si négative en égard
à cette machine qui restera pour moi la meilleure, mais
c'est comme cela que s'arrête l'histoire de la Dreamcast,
dernier rêve du monde du jeu vidéo, une fin qui laisse
un goût amer dans le pad…
Sega,
on y croyait plus fort que toi !
ZeMiaL
01.
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